Empreinte écologique et Genèse

On entend souvent dire - ou l’on dit souvent - que la culture judéo-chrétienne, en donnant un rôle prépondérant à l’Homme (avec un grand H), participerait à l’exploitation de la Nature par ce dernier.

Loin de moi de récuser en bloc cette idée, il suffit de voir comment le capitalisme protestant s’est développé, cependant n’oublions pas que dans d’autre culture l’Homme aussi domine sur la Nature, même s’il ne le fait pas à la mode « occidentale ».

Par ailleurs, je pense - peut-être que je me trompe - que bon nombre de chrétiens et de juifs sont loin d’être favorable à cette domination.

Une petite relecture du début de la Genèse peut être intéressante. Il existe deux textes de la création, le premier dans l’ordre de lecture, mais le plus récent dans l’ordre d’écriture, est celui des « sept jour » (Gn 1-2,4). Le seconde, plus ancien, est celui de la création du jardin d’Eden (Gn 2,4 - 2,25).

Il est bien évidement que ni l’un ni l’autre n’ont de valeur historique, quoiqu’en disent certains intégristes [1].

Je commencerais par le deuxième récit.

L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. (Gn 2,7)

Il est à remarquer que seul l’Homme à droit à cet faveur [2]. L’Homme est animé d’un souffle de vie. Ces se souffle de vie qui lui permet d’établir des relations proprement humaine (amitié, amour).

Malgré toute les bêtises que fera l’Homme, ce souffle de Vie restera. Après tout, si l’Homme est responsable de crises écologiques graves, il a aussi la conscience, certes tenue, de sa responsabilité.

L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme.

Et l’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui. (Gn 2,19-20)

On remarque ici que c’est l’homme qui donne un nom. Donner un nom, c’est exprimer une sorte de domination.

Il était souvent d’usage que le père donne le nom de son enfant, le reconnaissant ainsi comme sien [3], avec toute les règles de rapport parent/enfant qui en découlent [4].

De même, dans Robinson Crusoé, ce dernier donne un nom à Vendredi, et celui-à§i en devient plus où moins le serviteur [5]

Il est d’ailleurs à noter que dans la version suivante de la création, c’est Dieu qui nomme plus ou moins tacitement.

Revenons au premier récit, le second dans l’ordre chronologique

Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. (Gn 1,28)

Il s’agit bien là de l’expression même du reproche exprimé plus haut.

Pourtant,si Dieu accepte que l’Homme domine sur la création, il refuse cependant qu’il la détruise , car à chaque acte de création qu’il a fait, il « a vu que cela était bon ». En d’autres termes, il peut en user, et non pas en abuser.

Le Végétarisme, idéal ?

Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture.
(Gn 1,29)

Les premiers homme semblent donc végétariens. Pour ma part, je ne suis pas végétarien, comble de l’horreur, je suis même amateur de foie gras.

Quelques écologistes sont végétariens, certains par souci d’éviter de faire souffrir les bêtes, d’autre pour des raisons plus terre à terre : la production de viande est fortement consommatrice de ressources naturelles, et peut poser des problèmes, tel que celui du Soja en Amérique Latine .

Mais Dieu abandonne assez vite le végétarisme, il autorise les hommes, à contre-cœur sans doute, à manger de la chair.

Vous serez un sujet de crainte et d’effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains.

Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte.

Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. (Gn 9, 2-4)

De là vient sans doute la justification théorique d’un certain nombre de tabous alimentaires juifs, tel que la pratique de la viande kasher.

On tend maintenant souvent à interpréter cela comme le refus de la souffrance inutile envers les animaux. Ainsi, les élevages industrielles ne plairait surement pas à Dieu - si l’on attache une importance forte à ce texte.

Petit bilan

S’il semble clair que les textes de la Genèse établit une certaine domination de l’homme sur la nature, l’abus en est déconseillé, traduit en langage moderne, l’empreinte écologique doit être limitée.

Ceci n’est qu’une lecture parmi d’autres possibles de ce texte, écrit par des hommes d’il y a très longtemps, relut à lanterne des problèmes du 21e siècle.

Et sur ce, je souhaite une bonne année à tous mes lecteurs-trices [6]

Ps : le titre de cet article est pourri, si vous en trouvez un autre, je suis preneur.

Notes

[1ou devrais-je utiliser un autre terme, on me reproche parfois de mélanger intégristes et traditionalistes ?

[2encore que plus loin dans la Genèse, cela change, cf 7,22. Mais il semblerait que le passage se rapproche plus de Gn 1, comme le suggère le parallèle dans la classification des êtres vivants

[3on peut d’ailleurs regretter que désormais ce soit la clinique qui déclare l’enfant à la mairie

[4« Les enfants doivent respect et obéissance à leurs parents. Même émancipés, ils sont tenus d’en prendre soin dans leurs vieux jours, si leurs facultés mentales sont altérées ou s’ils sont malades, et de pourvoir à leurs besoins à tout moment où leur assistance est indispensable. Les autres ascendants ont les mêmes droits en matière de soin et d’assistance. », art. 266 du Code Civil

[5Si je me trompe, corrigez moi. Ma connaissance de Crusoé se limitant à « Vendredi ou la Vie Sauvage » de Michel Tournier, lu il y a un certain temps.

[6lecteursTRICEs pour faire comme chez les Verts ;-)