Aller à l'accueil | Aller au menu | Aller au contenu | M'écrire | Aller à la citation | Aller aux pétitions
Maïeul Rouquette

Tata Gibo

|

mercredi 3 avril 2013 à 10h46

Enregistrer au format PDF

Ma grande tante Gilberte Geuinlé est morte. Je n’en garde pour l’essentiel que quelques souvenirs d’enfance, un peu d’adolescence, et surtout le dévouement de ma mère qui a su remplacer auprès d’elle sa fille morte trop tôt.

Mais c’était une grande dame, et si je ne peux me rendre à son enterrement, j’ai souhaité lui rendre un dernier hommage.

Quels sont mes plus anciens souvenirs de Tata Gibo ? Ils sont au nombre de deux.
D’abord Gibo est la personne chez qui on s’arrêtait sur la route entre Melun et Serre-Chevalier. Ensuite, elle avait un drôle de nom.
Pensez-vous ! Tata Gigot ! Pourquoi l’appeler ainsi ? Pourquoi pas tata bifsteak ? Drôle de nom décidément, Gigot.

Mais finalement, cela explique beaucoup de chose. D’abord, quoi de plus normal avec un tel nom que de mourir en période pascale.

Ensuite qui est le gigot pascal par excellence, si ce n’est Christ ? Christ qui lorsqu’il a célébré la pâque avec ses disciples, a laissé, par le lavement des pieds, cette indication si vital : être pleinement homme, être homme conformé à l’image de Dieu, c’est être au service de ses frères et sœurs.

Et assurément, Gilberte l’a été par de nombreux aspects de sa vie. En assumant d’élever seule un enfant alors que son mari était loin, en travaillant dans l’outil par excellence de la solidarité que sont les caisses d’assurance maladie, en étant syndicaliste, luttant au côté de ses frères et sœur de classe, et même durant sa retraite, en combattant pour le respect de l’environnement grenoblois, pour que la ville ne soit pas qu’un entassement d’hommes et d’activités, mais d’abord un lieu où il fait bon vivre.

Alors oui, Gibo, tu as bien mérité ton surnom. Puisse l’agneau pascal t’accueillir, dans l’espérance du jour où il n’y aura plus de gigot, car alors « Le loup habitera avec l’agneau,
le léopard se couchera près du chevreau.
Le veau et le lionceau seront nourris ensemble,
un petit garçon les conduira.
La vache et l’ourse auront même pâture,
leurs petits, même gîte.
Le lion, comme le bœuf mangera du fourrage.
Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra.
Sur le trou de la vipère, le jeune enfant étendra la main.
Il ne se fera ni mal, ni destruction
sur toute ma montagne sainte,
car le pays sera rempli de la connaissance du SEIGNEUR,
comme la mer que comblent les eaux. » (Is 11, 6-9)


Commentaire

1 Le vendredi 5 avril 2013 à 0h06 par la sénatrice de mère

non mon Maïeul, je ne suis restée avec Gibo qu’une nuit, la dernière pour qu’elle sache qu’elle était importante pour nous les Vivants, elle qui était à la frontière de la mort.

Le dévouement c’est ta tante Catherine qui l’a eu en la faisant venir auprès d’elle à Nice et en allant la voir une fois par semaine pendant plus de six ans.

Cathy s’est aussi battue contre la curatelle qui refusait à Gibo d’avoir une dame de compagnie plus de deux fois par semaine.

Cathy recevait Anne, incapable dans sa folie douce de s’occuper de sa grand-mère ou accompagnait maman auprès de sa soeur, alors même qu’à 90 ans, elles se disputaient comme toujours, tout en gérant tes cousins et ses patients

Cathy s’est aussi battue durant tout le temps de Pâques pour atténuer les douleurs de l’agonie par asphyxie... seuls ceux qui n’ont pas tenu la main d’une agonissante ne pouvant plus respirer par suite à l’encombrement des bronches, peuvent prétendre qu’il ne faut pas aider à mourir dans la dignité.

Où est la dignité de l’Homme dans cette agonie douloureuse ? Où est la connaissance du Seigneur dans cette interdiction stupide, lâche et inhumaine d’accompagner le mourant dans la paix et non dans la douleur ? Si le Christ a pris le péché du monde dans sa mort, Il a aussi pris la douleur du monde. Et les trompettes de sa résurrection n’en sonneront que plus joyeusement

refuser l’aide active à la mort d’une personne de 98 ans est indigne d’un croyant et de toute façon indigne d’un Etat laïc...

et je me battrais au Sénat pour la révision de cette loi, pas pour que l’euthanasie soit pratiquée mais pour que les ultimes moments soient des moments de Paix et non de douleurs.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Accueil | Dernier billet | 136 billets | 251 commentaires | Réalisé avec Spip | Hébergé chez All2All