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Maïeul Rouquette

Thomas : l’incrédule ou celui qui a réellement compris ?

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lundi 4 août 2008 à 16h34

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2024 Or Thomas, l’un des Douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux, lorsque vint Jésus.
25 Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. »
26 Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l’intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : « Paix à vous. »
27 Puis il dit à Thomas : « Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. »
28 Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
29 Jésus lui dit : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. »

Jn 20,24-29 (Bible de Jérusalem)

On présente souvent Thomas comme l’incroyant... Comme celui qui a besoins de preuves pour croire.

Au fond, Thomas est chacun de nous. Son nom « Didyme » signifie « jumeau ». Peut-être est-ce, comme le pensait un de mes curés parce que le doute est jumeau de la foi. Il n’y a pas de foi sans le doute.

Ceci dit, peut-être qu’une foi ayant besoin de preuves n’est plus une foi, mais un certitude. Credo qui absurdiam : Je crois parce que c’est absurde. C’est paroles inexactement rapportées de Tertullien [1] disent bien le propre du croire : il n’a pas besoin de preuves. Ce qui ne veut pas forcément dire que le croire est absurde.

Ceci dit il y a une autre manière de comprendre Thomas. En effet il déclare « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. ». Mais il ne croira pas quoi ? Que Jésus soit ressuscité, ou bien qu’il soit simplement ressuscité ?

En effet, si Thomas demande à poser ses mains dans les plaies, est-ce pour s’assurer que Christ soit bien vivant, ou bien qu’il soit bien passé sur la Croix ?

Peut-être que pour que Thomas puisse dire « Mon Seigneur et Mon Dieu » [2]. Le pronom personnel est important. Christ aurait pu être un Dieu, mais il ne peut être celui de Thomas qu’en acceptant pleinement sa folie : la Croix.

Car

118 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
19 Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents je la rejetterai.
20 Où est-il, le sage ? Où est-il, l’homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu’en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants.
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

1 Co 1,18-25 (Bible de Jérusalem)

Bref, ce que Thomas dit, c’est que la Seigneurie du Christ et sa Divinité se manifeste dans la Croix [3].

Et l’un des plus anciens hymne Christologique le dit aussi :

26 Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
7 Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme,
8 il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix !
9 Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,
10 pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers,
11 et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.

Ph 2,6-11 (Bible de Jérusalem)

[1d’après les pages roses du Larousse.

[2Il est, si je ne me trompe, le premier a affirmé la divinité du Christ dans Jean, hormis le Christ lui même lorsqu’il déclare εγο ειμι, « moi je suis », comme Yavhé le dit à Moïse dans le désert

[3Sans pour autant oublier la résurrection.


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