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Maïeul Rouquette

Soixante ans après ...

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jeudi 25 janvier 2007 à 22h45

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Le 29 novembre, Kadidja prend l’avion pour Bamako.

Elle apprend alors qu’un sans-papier va être expulsé vers son pays. Sans doute parce qu’il ne correspond au critère « d’utilité » que veut nous imposer un ministre-candidat, ou parce qu’il fait parti de ces humains à qui on refuse toute solidarité parce qu’il faut faire du chiffre sous le prétexte fallacieux de lutter contre le FN.

Bref, toujours est-il que Kadidja intervient auprès des passagers de l’avion afin que ces derniers refusent de boucler leur ceinture, pour que cet avion ne puisse pas servir à l’expulsion.

Finalement, la police menaçant de trois mois prison le sans-papier, ce dernier « accepte » de se faire expulser.

A son retour, Kadidja se voit accusé d’avoir « entravé volontairement la circulation d’un aéronef », un jugement doit avoir lieu en avril.

En réaction à cette procédure, une pétition est lancée, que je vous invite à aller signer.

Tout ça me rappelle une « vieille » histoire.

C’était il y à un peu près 60 ans. A l’époque, l’Etat Français menait des opérations d’arrestation d’être humain, dont la seule culpabilité était d’être d’origine juif, ou bien d’être tziganes, ou homo.

Il les confiait alors à une entreprise indépendante, la SNCF, avec laquelle il avait passé une convention et qui lui envoyé des factures pour des transports vers des camps d’internement. La SNCF accomplissait à bien sa mission, à la seul différence qu’elle « volait » l’Etat , en facturant comme des voitures troisièmes classes de wagons à bestiaux [1].

Elle accomplissait tellement bien sa mission, qu’elle se plaignait de l’intervention de services humanitaires qui donnait de l’eau, normal, fallait bien faire rouler les trains.

60 ans plus tard, parce qu’il n’avait pu le faire avant, un ingénieur Français, qui avait été transporté [2], entame un procès en réparation.

Alors maintenant, remplacez :

et vous retrouvez une affaire ressemblant étrangement quelque chose de proche à l’affaire cité plus haut.

Ah bien, sûr, il y a des différences : les buts de l’internement des juifs était loin d’êtres les même que ceux des expulsions d’immigrés. Mais là encore, ce qui demeure, c’est la transformation de ce qui était un moyen, « faire rouler les trains », en un but « faire rouler des trains », sans se préoccuper de l’humain qu’il y à derrière.

Espérons que dans 60 ans, on n’aura pas de personnes en pleur à cause de ce qu’ils ont vu et vécu

[1on parle de voiture pour les voyageurs, de wagons pour les marchandises ou les bêtes. En l’occurrence, les hommes transportés n’étant pas considérés comme tel, l’usage d’un wagon est approprié

[2et oui, ce ne sont pas les enfants de cette victime qui ont fait le procès, contrairement à ce que certains médias ont pu laisser entendre

[3à moins qu’il ne s’agisse de la xénophobie choisie


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