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Maïeul Rouquette

Réduction du temps de travail

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mardi 4 janvier 2011 à 12h03

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Je savais Emmanuel Valls de la tendance libérale du PS. Mais ses derniers propos sur les trente-cinq heures le confirment : il est favorable à son abrogation, au nom de la « hausse des salaires » et de la compétitivité internationale.

Pour moi, c’est clair, il ne peut plus être classé à gauche. Le PS est en train d’exploser [1] entre une aile droite qui ne distingue guère plus de la droite que sur les questions d’immigrations, et encore, et une aile gauche qui hésite à rejoindre le NPA.

Valls symbolise ici la fin du combat ouvrier pour la réduction du temps de travail. Combat qui a été la dernière victoire [2] des employés.

Aujourd’hui on nous parle de réalisme. Mais le réalisme, ne serait-il pas de se rendre compte que si la productivité augmente, et c’est le cas, ce ne devrait pas être pour du « toujours plus », car la planète ne supporterait pas, mais pour permettre aux hommes et aux femmes de travailler moins pour vivre plus ? Si je suis capable de faire en une heure ce que je faisais en deux heures, faut-il que je produise 2 fois plus ou ai-je le droit de travailler 2 fois moins ? Voilà la question. C’est un débat fondamental sur le sens du travail, sur le sens de nos vies.

Quant à la concurrence internationale, on contrôle bien l’immigration des hommes, alors pourquoi pas celle des marchandises, qui ont bien moins d’importance ?

Oui, il est temps de remettre les choses dans l’ordre, l’être humain avant le travail, la planète avant la croissance. La lutte pour la réduction du temps de travail doit continuer, pas être abandonnée sous l’autel du réalisme.

Et pour finir, une prière d’un prêtre-ouvrier, trouvée au rassemblement 2009 de la JOC.

À Dieu qui le septième jour se reposa, André CHAPUY

Si tu n’avais pas fait la nuit, ils nous f’ raient travailler quinze heures.
Si tu nous avais fait trois mains, ils nous feraient crever encore plus.
Si tu nous avais faits plus costauds, la retraite s’ rait à quatre-vingt ans.
Si tu nous avais pas fait l’ dimanche, on ne quitterait plus les bleus.
 
Tes vendredis ah ! Quelle aubaine, chaque fois la lune est meilleure.
Février raccourci, c’est bien, on se gèle un peu moins l’hiver.
Heureusement qu’ tu as fait ça. J’ai vu que cela était bon,
Mais les hommes aussi en ont fait et ça j’ai envie de le dire.
 
S’ils ne s’étaient pas bagarrés, on irait encore les sam’ dis.
Si les vieux n’avaient pas lutté, on n’aurait pas d’intempéries.
Si les « Renault » n’avaient pas bougé, pas de congés payés non plus.
Si les anciens n’avaient pas lutté, les loisirs seraient un péché.
 
Si les hommes n’avaient pas lutté, geulé, refusé, débrayé
Camaradisé, manifesté à s’en faire jeter, matraquer,
Les quarante heures, tiens, l’ syndicat, les lois, applications des lois
Ça n’ serait pas tombé du ciel, ça n’ serait pas tombé du ciel.
 
Oh ! Pardon et pourtant c’est vrai, t’en as fait, toi, et les hommes aussi.
Et même t’a créé dans le vide, pour eux y avait du monde en face.
Les droits nouveaux ils les ont gagnés, toujours à la sueur de leur front.
Toi, le « manuel » de Nazareth. Oh ! Çc c’est sûr, tu comprendras.
 
Et moi j’ai senti tout cela, senti que cela était bon
Et moi j’ai senti que ceux-là, oui que ceux-là c’étaient des bons.
Et c’est pour eux que je te dis :
« J’te dis : Non Dieu, t’es pas tout seul. »

[1Malheureusement je crains la même chose pour Europe-Ecologie — Les Verts.

[2Le CPE n’est pas une victoire mais une non défaite.


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