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Maïeul Rouquette

Le relativisme, une notion relative

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lundi 4 septembre 2006 à 19h06

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Lu sur le blog d’Adrien, écrit par Guillaume.

Je pense qu’il ne faut pas mettre la religion et la politique sur le même plan. Si l’on fait ça je pense que l’on fait du relativisme(...)

Ce qui ne veut pas dire que l’on doive mettre sur le même plan une vérité révélée, un dogme, un écrit dont l’autorité est présentée comme irréfutable, un credo que l’on doit appliquer sans (trop) réfléchir, en somme une religion, avec des philosophies, des idées en mouvement, des plateformes, des programmes débattus et votés démocratiquement, que chacun peut contester et amender. Soit, l’action politique dans un régime démocratique.

Si on peut se méfier du "relativisme" (=tout vaut tout d’après Guillaume), il faux encore plus se méfier de sombrer dans la dénonciation du relativisme - c’est du moins mon opinion.

Tout d’abord, rappelons que cette dénonciation a été utilisée pour des mesures intolérantes par des intolérants, notamment au XVIe siècle [1].

Ainsi, tout le monde peut dénoncer le relativisme. Les opposants au mariages homosexuel peuvent dire qu’être pour celui-çi, c’est faire preuve de relativisme, puisque l’on mettrait sur le même plan un comportement "normal" (l’hétérosexualité) et un comportement "contre nature" (l’homosexualité).

De même les athées intolérants [2], pour qui la laïcité à la Française n’est pas assez forte car elle mettrait sur le même plan la croyance et la réflexion parlent de relativisme.

Et l’on voit un discours semblable entre les bouches de pape tel que Benoît XVI ou feu Jean-Paul II à propos de l’œcuménisme.

A entendre c’est gens, on a l’impression que l’on fait du relativisme dés que l’on accepte que d’autre pensent autrement, avec des méthodes différentes (avec la foi pour les dogmatiques athées, avec la science et le raisonnement pour les dogmatiques croyant).

Bien sûr tout ne vaux par tout, sinon le discours UMP voudrait le discours vert, et il ne me servirait plus à rien de militer chez les Jeunes Verts.

Mais faisons attention à ne points tomber dans le défaut inverse, et être borné en disant "j’ai raison" tout le temps.

Pour finir, je cite un texte de Raymond Devos, décédé il y a peu, en guise de conclusion.

A tord ou à raison

 
On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort.
C’est difficile de juger. Moi, j’ai longtemps donné
raison à tout le monde.
Jusqu’au jour où je me suis aperçu
que la plupart des gens à qui je donnais
raison avaient tort !
Donc, j’avais raison !
Par conséquent, j’avais tort !
Tort de donner raison à des gens qui avaient
le tort de croire qu’ils avaient raison.
C’est-à-dire que moi qui n’avais pas tort,
je n’avais aucune raison de ne pas donner tort
à des gens qui prétendaient avoir raison,
alors qu’ils avaient tort !
J’ai raison, non ? Puisqu’ils avaient tort !
Et sans raison, encore ! Là, j’insiste, parce que ...
moi aussi, il arrive que j’aie tort.
Mais quand j’ai tort, j’ai mes raisons, que je ne donne pas.
Ce serait reconnaître mes torts !!!
J’ai raison, non ? Remarquez ... il m’arrive aussi
de donner raison à des gens qui ont raison.
Mais, là encore, c’est un tort.
C’est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort.
Il n’y a pas de raison !
En résumé, je crois qu’on a toujours tort d’essayer
d’avoir raison devant des gens qui ont toutes
les bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort !

[1voir à ce propos l’excellent cadeau de ma sœur Enimie « Histoire de la tolérance au siècle de la réforme » par Joseph Lecler chez Albin Michel

[2je pense notamment à Michel Onfray et son traité d’Athéologie


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